À la petite fille que j’étais
Je t’ai laissée seule
plus de fois
que je n’ose l’admettre.
Je t’ai demandé d’être forte
quand tu voulais juste
être serrée dans des bras.
De te taire
quand tes larmes
demandaient la parole.
Je t’ai poussée à grandir
trop vite,
comme si la douceur
était une faute.
Pardon
pour les fois
où j’ai méprisé ta peur.
Pour les fois
où j’ai caché ta sensibilité
comme un secret honteux.
Pour les fois
où je t’ai traitée
comme un poids à porter.
Tu n’étais pas trop sensible.
Tu étais vivante.
Tu n’étais pas faible.
Tu étais vraie.
Aujourd’hui je te regarde
sans détour.
Et je vois une enfant
qui méritait protection,
pas silence.
Reste avec moi.
Ne disparais plus.
Je vais apprendre
à te défendre
comme personne ne l’a fait.
Je ne peux pas réparer hier.
Mais je peux t’offrir demain :
un endroit sûr
à l’intérieur de moi.
Et cette fois,
petite fille,
je ne te quitterai plus.
R