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À l’homme que j’ai aimé… et blessé

À l’homme que j’ai aimé… et blessé
Je ne viens pas me faire pardonner.
Je viens dire la vérité.
Je t’ai aimé
avec des mains pleines de peurs,
avec un cœur cabossé
qui ne savait pas aimer sans trembler.
Je t’ai aimé
mais je portais encore mes guerres,
mes manques,
mes blessures non cicatrisées.
Et sans le vouloir,
je t’ai fait payer
ce que d’autres m’avaient fait subir.
Je voulais être rassurée,
tout le temps,
tout de suite,
comme si ton amour devait réparer
ce que l’enfance avait brisé.
Je t’ai étouffé parfois,
pas par contrôle,
mais par peur de perdre.
Peur que tu partes
comme les autres.
Je sais aujourd’hui
que l’amour ne doit pas faire mal.
Ni à celui qui donne,
ni à celui qui reçoit.
Je n’étais pas mauvaise.
J’étais perdue.
Et ça ne justifie rien,
mais ça explique.
Si je parle maintenant,
c’est parce que je grandis.
Parce que je comprends
que t’aimer
ne m’autorisait pas
à t’abîmer.
Je ne sais pas
si tu penses encore à moi.
Mais moi,
je pense à la version de moi
que je dois devenir
pour ne plus jamais aimer ainsi.
Si un jour tu entends ces mots,
sache une chose :
je t’ai aimé sincèrement.
Mal, peut-être.
Mais sincèrement.
Et je travaille,
chaque jour,
à devenir une femme
qui sait aimer
sans blesser.