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À mes enfants

À mes enfants
Je ne vous demande pas
de me porter sur vos épaules,
seulement
de ne pas m’oublier
dans un coin de votre vie pressée.
Je vous ai vus grandir
comme on regarde le soleil monter :
avec fierté
et un peu de vertige.
Tout ce que j’avais,
je l’ai mis dans vos mains.
Aujourd’hui,
vos pas sont rapides,
vos jours pleins,
et j’apprends
à marcher plus lentement.
Mais n’oubliez pas :
les parents ne deviennent pas lourds,
ils deviennent fragiles.
Et la fragilité
a besoin de présence.
Un appel suffit parfois.
Une visite.
Un repas partagé.
Le son de votre voix
qui me rappelle
que je compte encore.
Je ne veux pas
être une obligation.
Je veux rester
une maison où vous revenez
sans y penser.
Prenez soin de moi
comme j’ai pris soin de vous —
pas par dette,
mais par amour.
Parce qu’un jour,
vous comprendrez :
le temps avec ses parents
n’est jamais long.
Il est précieux.