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À mon amie

À mon amie
Je t’écris avec des mots lourds,
parce que le silence
m’a trop longtemps fait mal.
Je t’écris sans haine,
mais avec une vérité
qui tremble encore.
Celui qui partage ta vie
a brisé quelque chose en moi.
Pas par amour.
Pas par erreur.
Par une frontière qu’il n’avait pas le droit
de franchir.
Je n’ai pas perdu seulement la sécurité,
j’ai perdu une amitié,
la nôtre,
celle où je pensais pouvoir me réfugier
sans peur.
Je sais que ces mots
te placent au milieu d’un incendie
que tu n’as pas allumé.
Je sais que croire
fait parfois moins mal
que comprendre.
Mais mon silence
me coûtait trop cher.
Et ma dignité
méritait la parole.
Je ne t’accuse pas.
Je te parle.
Parce que je t’aimais assez
pour ne pas mentir.
Ce que j’ai vécu
n’est pas une confusion.
Ce n’est pas un malentendu.
C’est une blessure réelle
que je porte encore.
Je te laisse ces mots
sans exigence,
sans attente.
Juste pour que tu saches
que je n’ai rien inventé,
et que je n’ai rien mérité.
Si tu choisis de détourner le regard,
je respecterai ta route.
Mais moi,
je choisis de me relever,
de me protéger,
et de rester fidèle à moi-même.
Je t’ai aimée comme une amie.
Je me choisis maintenant
comme une survivante.