Je n’étais qu’un pauvre écorché, mais tu le savais, et il me semble que c’est ça que tu me trouvais ; je n’avais pas les bras forts pour te bâtir le bonheur, je n’avais que mon honnête lyre pour te chanter l’ivresse de tes trésors. Je n’étais qu’un pauvre écorché, et encore aujourd’hui, j’aimerais m’envelopper d’un corps qui te mérite ; malgré que ce fût mon âme sensible dont tu fus l’amoureuse. Je n’étais qu’un pauvre écorché, et toi, belle comme un ange immaculé, tu descendis dans les ignobles puits de mon âme inexplorée. Et aujourd’hui ? Je pleure de chagrin comme de bonheur, quand je vois ton ombre luisante et l’esquisse de ton sourire, qui me remonte quand viennent les étranges alcools de la nuit. Je t’aime ; il est trop tard. Je le sais ; mais je t’aime. Car, pour toi, j’aurais tout fait !
Je suis l’époux démoniaque. Celui qui se dérobe au réel, qui erre dans les déserts à la dérive. Je suis l’époux démoniaque ; le Roi et son idylle comme un ciel aux astres pleurants. Je suis l’époux céleste, l’ange déchu qui ne laisse à ton palais trop paisible que quelques tristes acides, le sang de nos fiévreuses idylles ! Un planant goût de fer, un spectre de remords, et ses lueurs écarlates aux saveurs d’un horrible métal ! Le goût du sang ! Et le désarroi et le désordre qui viennent m’envahir ! Oh que je suis las ! La seule profondeur du regard d’un enfant pourrait me précipiter vers le cercueil effrayant ! Me voici sorti du paradis ! Me voici livré - la peau nue - aux errances de l’enfer ! Prisonnier de ses yeux aux amertumes envoûtantes…
Je suis l’époux céleste. Celui qui portait à tes égards qui lui sont déjà vieux quelques tendresses élancées. Je suis l’époux céleste, le délirant ; pardonne-moi ! Ô déesse bafouée ! Donne - si ton cœur y consent - la rédemption à mon âme damnée ! J’implore ta pitié qui, jadis, me fut une étrenne ! Car, je sais qu’elle était, qu’elle est, qu’elle sera ! Longue vie soit offerte à ton angélique empathie !
©alocha
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