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Ace (Pardonnez moi ce texte pour une fois est un plus personnel que…

Ace

(Pardonnez moi ce texte pour une fois est un plus personnel que d’habitude, mais il a evidemment sa place)

Il y a des rencontres qu’on ne peut pas vraiment expliquer.
Des rencontres où, avec le recul, on se dit que deux vies se sont croisées exactement au moment où elles en avaient besoin.
Quand je suis venue te chercher, je ne savais pas encore tout ce que tu allais changer dans ma vie.
Je savais seulement que j’avais devant moi une petite chienne qui avait déjà vécu beaucoup trop de choses pour son jeune âge.
Tu n’avais même pas un an et demi, mais ton histoire était déjà lourde à porter.
Tu avais connu un élevage où tu n’avais pas eu la vie que tu méritais.
Tu avais vécu dehors, tu avais été privée de douceur, de sécurité, de tranquillité.
Tu avais connu la peur, la méfiance, et on t’avait retiré trop tôt ce qui aurait dû être naturel pour toi.
Tu avais déjà été maman alors que toi-même tu étais encore si jeune.
On t’avait demandé de donner, alors qu’on ne t’avait pas forcément donné tout l’amour dont tu avais besoin.
Et pourtant…Malgré tout ce que tu avais vécu, malgré les blessures que tu portais, tu avais gardé quelque chose de magnifique : ta capacité à aimer.
Quand je t’ai rencontrée, tu ne savais pas que j’étais venue pour toi.
Tu ne savais pas que je n’étais pas là pour te faire du mal.
Tu ne savais pas encore que cette main tendue était une main qui allait prendre soin de toi.
Alors je me suis mise à ton niveau.Je me suis assise dans les graviers, près de toi. Je t’ai laissé le temps.
Je t’ai tendu ma main, doucement. Je n’ai pas voulu te forcer.
Je voulais simplement que tu comprennes une chose : tu pouvais avoir confiance.
Et petit à petit, tu m’as laissée entrer.Je crois qu’à ce moment-là, quelque chose s’est passé.
Parce qu’au fond, je ne suis pas certaine que je sois venue seulement pour te sauver.Je crois qu’une partie de toi était aussi venue me sauver.
Tu es arrivée dans ma vie à un moment où j’étais moi-même en train de me perdre un peu.
À un moment où je devais apprendre à me reconstruire, à avancer malgré les blessures, malgré les moments difficiles, malgré les jours où tout semblait plus compliqué.
Tu n’as pas effacé mes douleurs.
Tu n’as pas fait disparaître mes problèmes.
Mais tu as été là pendant que j’apprenais à vivre avec.
Et parfois, c’est ça le plus beau cadeau qu’un être puisse faire.
Rester.
Tu ressens tout chez moi.
Tu sais quand je vais bien, mais surtout tu sais quand je ne vais pas bien.
Tu sais quand mon sourire est vrai et quand il cache quelque chose.
Tu sais quand je suis triste, quand je suis énervée, quand j’ai besoin de calme ou simplement d’un câlin.
Tu es une éponge de mes émotions.
Tu prends tout, sans jamais juger.Quand je pleure, tu arrives.
Tu viens près de moi, tu tends ton museau, tu cherches ma main, comme si tu voulais me dire que tout allait finir par aller mieux.
Comme si tu voulais me rappeler que je ne suis pas seule.
Et le plus fou, c’est qu’aujourd’hui, c’est toi qui veilles sur moi.
Quand on se promène, tu peux partir devant, courir, profiter de ta liberté… mais il ne faut jamais trop longtemps avant que tu te retournes.
Tu regardes derrière toi pour vérifier que je suis toujours là.
Comme si tu voulais t’assurer que maman suit bien.
Comme si tu avais besoin de savoir que je ne me suis pas perdue.
Tu fais attention à moi partout.
Dans la maison, dehors, dans chaque endroit où nous sommes.
Tu es toujours là, ton regard posé sur moi, comme si ta mission était de vérifier que tout va bien.
Et moi, je crois que c’est ça qui me touche le plus.
Parce qu’au début, c’était moi qui voulais te montrer que tu étais en sécurité.
Aujourd’hui, c’est toi qui me rappelles que je le suis.
Pendant longtemps, j’ai cru qu’un lien comme celui que j’avais avec Xena ne reviendrait jamais.
Xena, ma première meilleure amie.
Celle qui m’a appris qu’un chien pouvait être bien plus qu’un animal.
Celle qui m’a montré ce que c’était d’aimer quelqu’un de cette façon.
Quand je l’ai perdue, j’ai eu l’impression de perdre une partie de moi.
Pas parce qu’un amour peut être remplacé. Il ne le sera jamais.
Mais parce que certains liens sont tellement forts qu’on pense qu’ils n’existeront qu’une seule fois.
Puis tu es arrivée.
Et tu ne m’as pas fait oublier Xena.
Tu ne l’as jamais remplacée.
Tu m’as simplement rappelé quelque chose que j’avais oublié : mon cœur était encore capable d’aimer aussi fort.
Tu m’as rappelé que l’amour d’un chien est unique.
Que certains êtres arrivent dans nos vies et prennent une place qu’on n’avait même pas imaginée.
Aujourd’hui, je sais que je t’ai choisie.Parmi mille chiens, je t’aurais choisie toi.
Mais ce qui me bouleverse encore plus, c’est de savoir que toi aussi, quelque part, tu m’as choisie.
Toi qui avais appris à te méfier.
Toi qui avais connu la peur.
Toi qui avais toutes les raisons du monde de garder tes distances.
Tu as décidé de me faire confiance.
Et je te promets une chose, Ace : je ne prendrai jamais cette confiance pour acquise.
Je sais que notre histoire aura une fin un jour, parce que c’est la partie la plus difficile quand on aime un animal.
On sait que le temps avec eux est trop court.
Mais je refuse de laisser la peur de te perdre m’empêcher de profiter de tout ce que tu m’offres aujourd’hui.
Je préfère connaître un amour qui fera mal un jour, plutôt que de ne jamais avoir connu un amour comme le tien.
Alors merci Ace.
Merci d’être arrivée avec ton passé, tes blessures et tes peurs.
Merci de m’avoir montré que même ceux qui ont souffert peuvent encore aimer avec une immense douceur.
Merci d’être une de mes forces.
Merci de marcher à mes côtés pendant que je continue de me reconstruire.
Je crois qu’au fond, on ne s’est pas seulement trouvées.
Deux êtres qui avaient besoin d’être rassurés se sont rencontrés.
Et sans le savoir, on s’est sauvées l’une l’autre.