Aimer jusqu’à s’effacer
J’ai aimé trop fort,
au point de m’oublier.
J’ai donné sans mesure,
pensant que l’amour devait faire mal pour être vrai.
Je me suis pliée,
taisée, transformée,
j’ai mis mes besoins en sourdine
pour que l’autre reste,
pour qu’il m’aime.
Mais à force de m’effacer,
j’ai pris toute la place.
À force d’avoir peur de perdre,
j’ai serré trop fort.
Et sans le vouloir,
j’ai étouffé celui que je voulais garder.
Aimer ainsi,
ce n’est ni aimer l’autre,
ni se respecter soi.
C’est confondre amour et peur,
présence et dépendance.
Aujourd’hui je comprends :
l’amour ne demande pas qu’on se perde,
ni qu’on enferme.
Il respire,
il laisse de l’espace,
il ne se nourrit pas de sacrifices silencieux.
J’ai aimé en m’oubliant.
J’apprends maintenant
à aimer sans me trahir.
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