ANGERS
6 heures du matin, mes yeux s’ouvrent dans un silence encore fragile.
Quelques secondes flottent, suspendues, avant que ma main ne trouve mon téléphone, posé là, comme un repère dans l’obscurité.
Il est tôt. Bien trop tôt.
Mais je le sais déjà, le sommeil ne reviendra pas. Mes pensées, elles, ne dorment jamais.
Alors je me lève.
Lentement, je prends mon iPad et monte m’installer sur le canapé.
La fenêtre, restée entrouverte, laissant entrer un continuum de lumière douce presque timide, comme si le jour hésitait encore à commencer.
À cet instant, le monde semble s’être effacé.
Il ne reste que moi et ce tumulte silencieux dans ma tête.
Alors j’écris.
La musique que j’ai délicatement choisie, murmure à peine.
Et dans ce murmure, les mots naissent sans effort, comme s’ils m’attendaient déjà.
Tout paraît calme et paisible.
Cette ville… Elle inspire.
Elle éveille quelque chose en moi, quelque chose que je croyais endormi.
Peu à peu, le soleil s’impose, plus présent, plus chaud.
Les bruits extérieurs émergent, timides d’abord, puis vivants.
Depuis mon rez-de-chaussée, j’aperçois quelques passants.
Ils avancent, ils vivent.
Ils sourient, alors je souris aussi.
Plus tard, la matinée continue doucement.
Ma meilleure amie se réveille, et nos voix se retrouvent comme si elles ne s’étaient jamais quittées.
On décide de sortir, de s’offrir un café, comme on s’offre une parenthèse.
Installées à l’étage, baignées de lumière, je garde mon iPad près de moi, mon fidèle compagnon de ces instants suspendus.
À travers les grandes baies vitrées, la ville respire sous nos yeux.
Il y a cette odeur de café, chaude et enveloppante.
Ces rayons de soleil qui dansent sur les tables.
Ces voix autour de nous, qui se croisent sans jamais vraiment se reconnaître.
Et nous, au milieu de tout ça.
On parle de tout et de rien.
Mais surtout… profondément.
Comme si chaque mot cherchait à toucher quelque chose de vrai.
Le temps passe sans prévenir.
Et je réalise à quel point j’aime ces moments-là.
Ces instants simples, presque invisibles mais infiniment précieux.
Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie
aussi inspirée.
C