I

ARLEQUINS

Sur le bord de la route, gît le loup, jadis fier,
Dans l'agonie, il gémit, son regard dans le néant,
Les créatures rôdent, aux dents aiguisées, sincères,
S'abreuvant de sa moelle, dans l'ombre, en rampant.
Ils sucent la vie des os, avides et affamés,
Dévorant faune et flore, leur soif insatiable,
Se cachant en arlequins, dans des costumes empruntés,
Leurs âmes sombres cachées derrière un masque instable.
Le grand méchant loup, jadis maître des bois,
Est maintenant la proie, dans ce cruel écho,
Les vautours aux yeux de glace survolent ses tourments,
Pendant que les faux arlequins jouent avec son agonie, impatients.
Dans cet univers de tromperie et de déguisements,
La nature pleure, témoin de ces jeux cruels,
Mais quelque part au-delà des ténèbres, persiste l'espoir,
Que la vie renaisse, malgré ces ombres noires.
INESTA GUILLAUME
©andras