Assez
C'en est assez. J'en peux plus.
Combien de fois vais-je continuer à me mentir, à me dire que ça va, que je vais mieux, alors que chaque fois que je me confronte à la nuit, elles sortent toutes : ces larmes bien trop enfouies qui se dévoilent sans raison. Je ne me comprenais pas, je ne me comprends plus, et je suis assez consciente maintenant que m'ouvrir à quelqu'un sur cette "moi inconnue" ne sera qu'incompréhensible, ou bien perçu comme une crise d'inattention à l'égard de mon identité africaine.
Je ne fais que continuer à me mentir en pensant que je m'éloignais de cette obscurité, en pensant que me livrer par l'écrit ou sourire à la vie m'aiderait ; mais hélas, j'ai bien trop vécu dans ce trou sans fin.
Même l'idée de mourir ne m'effraie plus. Si je résiste à en finir, c'est juste pour ma mère, celle qui ne tiendrait sûrement pas à ma perte. Sans elle, je suis prête à parier que je pourrais rendre mon dernier soupir avec l'un de mes rares vrais sourires.
Oui, mon cœur, lui, est déjà meurtri. En attendant que la faucheuse ne vienne toquer à ma porte,je ferai de mon possible pour vous voir comblés de sourires et de paix, au détriment du mien.