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Au fond du lit

Au fond du lit
Au fond de mon lit
le monde s’éteint
mais pas ma tête.
Les murs respirent trop fort.
Le silence fait du bruit.
Et mes pensées
profitent de la nuit
pour parler sans filtre.
Le jour je tiens debout.
Je souris.
Je fonctionne.
La nuit me démonte pièce par pièce.
Au fond de mon lit
je redeviens vraie :
sans posture,
sans courage emprunté,
sans public.
Juste moi
face à ce que j’évite
toute la journée.
La solitude
a une forme précise :
elle prend toute la place
sur l’oreiller d’à côté.
Je tends la main
et je touche
l’absence.
Mais dans ce noir
il y a aussi une vérité :
je respire encore.
Même cassée,
je respire.
Et peut-être
que survivre à ses nuits
est déjà
une victoire discrète.
Au fond de mon lit
je ne suis pas finie.
Je suis en train
de traverser.
Et demain
me retrouvera encore là —
fragile,
mais vivante.