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Café

Café
Je me lève après avoir éteint cinq fois mon réveil. Au saut du lit, le froid engourdit douloureusement mes membres. Le café enrobe mes yeux collés. L’odeur du marre de café me pique les narines. Il n’y a que moi, et une solitude grandissante. Je bois la première gorgée brûlante, volontairement, pour sentir sa chaleur me réveiller sans consentement, brutalement. C’est une douce violence.
C’est ce moment où la journée n’a pas encore commencé, elle est sur le seuil de l’agitation. Tout juste tirée de mes rêveries, uniquement une tasse fumante en guise de petit déjeuner. Pas par envie, mais plutôt par paresse. Il fait encore nuit, les esprits sont perdus entre rêve et réalité. Le monde se prépare lentement. Ma routine, des gestes machinaux sans réfléchir, des réflexes. Cafetière, bruit sourd, papilles émerveillées. Je songe à une tasse sans fin, qui ne diminuerait pas. Lorsque je termine ma boisson, c’est comme un coup de massue qui me tord, je sais que l’heure a sonné. Mais si je pouvais ne jamais l’achever, alors le soleil ne se lèverait pas.
A mesure que les minutes passent, la tasse refroidit, elle devient glacée. Je me résigne, je jette son contenu dans l’évier avec son goût tiède sur le bord des lèvres. Et alors, je suis pressée par l’heure, écrasée par l’indifférence. Un maquillage à la hâte pour cacher les cernes de la nuit top courte. Je pars.