Endossés comme un chèque volé,
Rose noire et océans déchus,
Pots pourris et ravins déchaussés
N'ont que faire de ces dents perdues.
La mort et remords désengorgés
N'ont que faire de ces feuilles chues
D'un automne frêle et assommé.
Je suis nu effondré dans la rue.
Quant au temps tout cassé et perdu,
Je l'aimais comme un noir séparé.
Mais les clous tous rouillés enfoncés
Font le sang d'un condamné voulu.
Tous les piètres esclaves martyrs
Ont pour eux la torture et le pire:
Un bain plein de plasma et de cire
Où l'on les voit s'en aller, venir
Hurler de frayeur et de mourir...
INESTA GUILLAUME
©andras
I