Ceux que les fêtes oublient
Pendant que les maisons brillent
et que les rires traversent les murs,
il y a ceux
que les fêtes n’éclairent pas.
Il y a celui qui met une chaise en moins à table
parce qu’un prénom manque à l’appel.
Il y a cette mère
qui serre une photo
là où elle devrait serrer son enfant.
Il y a les veuves, les veufs,
qui connaissent par cœur
le silence du lit trop grand,
les souvenirs qui font plus de bruit
que les chants de Noël.
Il y a les personnes âgées,
abandonnées dans des chambres froides,
attendant un appel
qui ne vient pas,
un pas dans le couloir
qui n’arrive jamais.
Il y a les orphelins
qui font semblant d’être forts,
qui sourient à l’extérieur
mais pleurent une famille
qu’ils n’ont pas choisie de perdre.
Il y a ceux qui sont dans la rue,
sans toit, sans chaleur, sans nom,
regardant les vitrines
comme on regarde une vie
à laquelle on n’a pas été invité.
Il y a les opprimés,
les oubliés,
les démunis,
ceux qui n’ont rien à offrir
sinon leur fatigue
et leur dignité cabossée.
En cette période de fête,
ils ne demandent pas des miracles,
juste un regard,
une main tendue,
un peu d’humanité
au milieu des lumières artificielles.
Parce que pendant que le monde célèbre,
eux survivent.
Et leur silence mérite autant de place
que nos chants de joie
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