Confession à minuit
Minuit éventré le silence. Et je n’ai plus nulle part où fuir. Les murs respirent mes secrets, le plafond rumine mes mensonges, et l’ombre… l’ombre me regarde comme si elle attendait que j’avoue enfin.
Je parle mais chaque mot saigne, comme une vérité qu’on arrache avec les ongles.
Je confesse ce que je suis devenu : pas seulement un amas de doutes, mais un terrain abandonné où pourrissent des pensées qui n’ont jamais trouvé de sortie. Elles hurlent en moi sans jamais franchir mes lèvres. Mes regrets me rongent, lentement, comme une rouille patiente qui s’installe dans chaque recoin de mon âme.
Je ne me reconnais plus. Même dans le noir, le reflet que j’évite trouve encore le moyen de me fixer. Je suis fatiguée. Fatiguée de mentir. Fatiguée de sourire
avec des fissures sous la peau.
Minuit ne pardonne rien. Il m’enferme avec moi-même, sans lumière, sans échappatoire. Et dans ce face-à-face brutal, je comprends enfin : le pire n’est pas ce que je cache… c’est ce que je suis devenu
en passant ma vie à le cacher.
K