J

consumée

consumée
sans rien me laisser,
nul respect ni dignité à compter.
égarée de ma propre âme,
j’étais celle que l’on condamne.
enlacée de cette mémoire,
j’embrassais le noir.
vidée de ma singularité
je me laissais consumer.
je consentais au mal qu’on me faisait
par faute d’exister.
je me détestais,
mais eux me désiraient.
liées aux mêmes regrets,
on s’empoisonnaient le jour entier,
puis me laissaient naufragée.
dépendante, je leur donnaient ce qu’ils voulaient,
sans savoir que je m’y perdais,
je m’empirais sans me raviser.
à défaut de me pardonner,
je reste liée à ce passé abîmé,
comme vouée à n’être que consumée.
refusant de me laisser aimer
car je ne m’y suis jamais crue destinée,
loin est l’amour qu’on m’a infligée.