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Corps vivant

Corps vivant

Je me sens cadavre

dans un corps en vie.

Je ris. Je parle.

Mais quelque chose en moi

reste assis dans la nuit.

Je pense trop.

Je ressens trop.

Je me fatigue toute seule

à survivre à mes propres pensées.

Est-ce que les autres

ont ce bruit constant dans la poitrine ?

Cette douleur sans nom

qui serre

sans prévenir ?

Mes ambitions, mes rêves

me regardent

comme des étrangers.

J’ai envie d’abandonner

sans savoir

ce que j’abandonne exactement.

Je suis vide —

mais lourde.

Confuse —

mais lucide.

Mes nuits sont longues.

Pas romantiques.

Et mes larmes

n’ont pas d’explication.

J’ai envie de crier.

Pour quoi ? À qui ?

Juste pour que ça sorte.

Juste pour que ça cesse

de cogner contre mes tempes.

Je ne veux pas disparaître.

Je veux que cette version de moi

qui souffre en silence

me rende enfin

mon souffle.