Dialogue avec la mort
Je ne te vois pas,
mais toute ma vie
s’organise autour de toi.
Chaque projet est une négociation
avec ton silence.
Chaque amour
une rébellion
contre ta certitude.
Tu es la seule vérité
que personne ne discute
et pourtant
la seule
qu’on refuse de regarder.
On vit comme si tu étais une rumeur.
Mais tu es la ponctuation finale
de toutes les phrases humaines.
Sans toi,
le temps serait un désert.
C’est ta présence
qui rend chaque seconde
fragile
et donc précieuse.
Tu n’es pas cruelle.
Tu es exacte.
Impartiale.
Tu ne hais personne,
tu ne choisis pas —
tu arrives.
Et c’est peut-être ça
qui nous terrifie :
ton absence de colère.
Ta neutralité parfaite.
Face à toi,
les titres tombent,
les richesses se taisent,
les orgueils se dégonflent.
Tu rends tout le monde
également humain.
Je ne te célèbre pas.
Je ne te défie pas.
Je t’accepte
comme on accepte l’horizon :
impossible à fuir,
inutile à poursuivre.
Tu n’es pas mon but.
Tu es ma limite.
Et c’est dans cette limite
que ma vie prend forme.
Parce que savoir
que tout finit
est la seule raison
de commencer vraiment.
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