Différent
Être malade,
ce n’est pas seulement avoir mal,
c’est voir sa vie rétrécir
à la taille d’un souffle.
Le corps devient une maison fragile,
où chaque mur peut trembler,
où même le matin
demande du courage.
Les autres continuent de courir,
de faire des projets immenses,
et moi j’apprends à célébrer
un jour sans vertige,
une nuit un peu plus douce.
On me regarde avec pitié
ou avec impatience.
On ne comprend pas
que je me bats déjà
rien qu’en restant debout.
Être malade,
c’est négocier avec soi-même :
un pas de plus,
une heure de plus,
un peu de vie malgré tout.
Mais je ne suis pas que ça.
Je ne suis pas mon ordonnance,
ni mes faiblesses,
ni les limites de ma chair.
Je suis encore des rêves têtus,
des envies discrètes,
une flamme qui refuse
de s’éteindre.
Même fatiguée,
même ralentie,
je reste un cœur qui espère,
un être qui veut vivre
plus grand que sa maladie.
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