Trois tiers la nuit, quand sonnent
Tes premières "Aimez-moi"
Celles qui volent depuis ton dôme
Ne m'ont elles pas prises sur leur élan?
Pourtant, ton amour, n'était pas de moins
Dans mon corps aussi fade que le dasein
Sont-ils donc plus comblés que moi?
Ceux qui, leur envie ont reculé
Ceux qui, de leur sommeil ont tressailit
Pour ta grandeur se prosterner
Pour ta clémence se prosterner
Par ta crainte se prosterner
Le sont-ils plus que moi, ceux-là ?
Plus aimé ou plus proche ?
L'ont-ils, Seigneur, témoigner mieux que moi l'amour du divin ?
Ces serviteurs sentent-ils, à mon contraire, le parfum de l’eudemonia ?
Pourtant,moi, à trois tiers de la nuit
Je rêvassais, le corps certes effilé ici-bas
Mais mon divin était, Seigneur, à tes côtés chantant
Il dansait ton amour et buvait ton amour.
Pourquoi ai-je tant chercher à occire mon être quand je pouvais m'ennivrer de votre quintessence.
N'est-ce pas là la preuve que le paradis je pouvais visiter sans pour autant périr?
Pensait ils être plus aimé ou plus proche que moi ceux-là ?
Que le poids de leur infâme ignorance les consume
Et que les flammes de leur orgueils les ettoufe
Si ce n'est pas, que ta grâce les en protège, la colère de ton mépris.
Mais qu'on les perce donc soixante dix mille fois
De lames d'acier dans leur poitrines sordide
Plutôt qu'ils ne subissent ton mépris, Ô Seigneur!
Il s'en sortirai plus gagnant dans ce cas.
Si ils ont cru par une simple prosternation
Démunis ce qui la rend si exquise
Outrepasser l'amour d'une âme zaahir
Que les eclairs du Ra'd les fouette en brûlant leur chair
Si ils osent avilir l'amour d'une âme qui a nager dans les eaux du tasawuf
Que leur cœurs soit déchirer dans leur poitrines tel un bourreau qui charcute.
Ils n'ont pas compris donc?
Qu'il fallait aimer le plus aimant des amants?
Ou faudrait-il leurs apprendre
Ce que l'amour est ?
Quant à moi, mon cœur de suuf et l'amour qu'il porte
Il ne le porterai point si il n'était sien
Il ne battrai point si ce n'est pour toi
Ô Seigneur, tout ce que dans ce monde m'est patrimoine
Et il y en a pas un tas, te sont tous prosternés
Même à trois tiers de la nuit
Même aux premiers chant des coqs
Et aux alizés du midi
Du soleil à moitié inerte jusqu'à la lune chatoyant.
Mon cœur de suuf et l'amour qu'il porte
Sont prosternés pour l'amour du seul et l'unique
Seigneur des vérités, le Dieu de tous.
Ô Roi des Rois, laisse moi encore cette nuit
Peut-être le tiers de cette nuit
Laisse mon esprit espérer de la dilection en recevoir
De ton royaume qui sur l'amour est bâtit.
Ô Dieu des cœurs, laisse moi encore cette nuit
Peut être le tiers de cette nuit
Laisse moi boire et chanter ton amour une dernière fois
Car ceci sont les derniers souhaits
D'un cœur meurtri d'amertume
Le cœur d'une femme qui pas oser s'aimer elle-même
Pour ne pas gaspiller une once d'amour de ce qu'elle doit porter pour toi.
Et comment pourrait-elle chérir autre
Que celui qui par sa grâce elle connu le vrai amour.
Pardonne, Ô Seigneur, cette amour maladroit
Cette admiration qui se rapproche d'une frustration
Comprends, Ô Dieu Éternel, ces yeux qui
A l'ouïe de ton nom se remplissent de larmes
Car ils se décrassent de toute trace d'autres images
Car ce que reflètent en moi l'unisson de ton nom
Est des plus seraphique qu'il soit.
Ô Seigneur des cieux et de cette terre qui m'accueille
Laisse moi encore le temps d'une prosternation ou le temps d'une respiration
Et par tes quatre-vingt dix-neuf appellation, je t'aimerais.
Plus que Qays et Warqa n'ont pu le faire
Seigneur ne te lasse pas de me voir t'aimer imparfaitement ce dernier tiers de nuit
Moi qui toute une vie me suis pas lasser de t'aimer.
©wywy
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