Elle
Tu étais l’aube avant mon effondrement
La dernière couleur avant le noir
Depuis que tu est partie
Même vivre devient un supplice
Ton rire hante les murs de ma tête,
Comme un écho qui refuse de mourir,
Tes yeux, deux gouffres lumineux,
Où je suis tombé sans jamais sortir.
Deux ans ont pourri dans mes poches,
Le temps pèse comme un corps mouillé,
Chaque souvenir saigne encore
Quand j’essaie de t’oublier.
Je t’attends toujours,
Assis sur ce banc froid,
Devant les grandes portes rouillées
Et sanglantes de ton cœur fermé.
Je regarde les autres entrer,
Ressortir avec des mains pleines,
Pendant que moi je reste là,
Vide, invisible, oublié.
La nuit me murmure que j’étais de trop,
Que mon tour est déjà mort,
Mais je reste, cloué à l’espoir,
Comme un condamné sans potence.
Tu ne reviendras pas. Je le sais.
Mais partir serait te trahir,
Alors j’attends, même si attendre
Me tue plus lentement que l’oubli.