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Elle Pleurait Sur Un Banc

AEROGARE
Dans l’aérogare, assise, sur un banc,
Elle est là, et temps qui s’étend
Ne sèche pas ses yeux rougis
Par trop de larmes et la tabagie.
C’est à peine si on la voit
Tant elle n’existe plus.
La cigarette au bout de ses doigts
Temble toujours un peu plus.
Qui est-elle, qui est parti,
Pour un moment, pour toujours ?
Un parent, une amie, un amour ?
Elle a le cœur en confetti.
Et pourquoi rester là, sur ce banc ?
Parce que plus personne ne l’attend ?
Pour reprendre courage ?
Pour à ses pleurs faire barrage ?
Parce que plus rien ne compte ?
Et tandis qu’elle ouvre la bouche
Je vois un sanglot qui monte.
Ce chagrin qui indiffère me touche.
Rester à ma place, tendre la main,
Ou passer mon chemin ?
Je choisi mon camp,
Alors je me place devant,
Sur un autre banc.
Je m’agite un peu,
Fais du bruit,
Puis je tousse.
Et quand ses yeux se lèvent
J’esquisse un sourire.
Mais elle rebaisse la tête
Et éclate en sanglots.
Et bien bravo !
Alors que me confondais en regrets,
Elle relève la tête,
Passe le dos de sa main sur son regard,
Sort un miroir, compose un nouveau visage,
Moins triste, mais trop vide.
Elle se lève, vient vers mon banc,
S’arrête à trois pas,
C’est à peine si j’entends :
« Merci »
Et dans son sillage,
Les roulettes de sa petite valise
S’éloignent.
Fin de l’histoire !
©papif