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ENFANTS SOLDATS

Ils n’ont pas vu l’école, mais savent la kalach’,
Leurs jeux sont des combats, leurs cris, des cicatrices.
On leur vole l’enfance, et même les prémices
D’un monde où l’on apprend à ne pas être lâche.
Ils dorment avec la peur, la haine en cartouche,
Et la guerre les mord dès qu’ils sortent du ventre.
Pour eux, le mot « avenir » est un mot trop centre,
Ils n’ont que des fusils pour prier sur la touche.
Mais qui pleure ces gosses que les chefs ont volés ?
Qui viendra leur redonner des matins dorés ?
Le monde détourne les yeux comme des lâches.
Afrique, crie pour eux, porte leur nom plus haut,
Et construis leur demain, sans treillis ni drapeau
Mais avec des cahiers, des rêves, des attaches.
©jauresmesh