M

Entre deux

Entre deux
Je pleure,
mais pas de douleur.
C’est doux.
C’est presque calme.
Comme si quelque chose en moi
avait enfin décidé
de ne plus se battre.
Je me sens vide,
mais pas perdue.
Vide
comme une pièce enfin rangée
après le chaos.
Je regarde les gens
et je comprends.
Ma place.
Leur distance.
La fin qui s’écrit doucement
sans que personne ne la dise.
Et ça me rend triste.
Mais pas complètement.
Parce qu’au fond
il y a comme un soulagement
d’avoir enfin compris.
Je ne cours plus.
Je ne retiens plus.
Je laisse.
Je laisse partir
ce qui n’a jamais vraiment été à moi.
Je laisse le reste
à Dieu.
Et pour la première fois
depuis longtemps,
je respire
sans me forcer.