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Et la guerre vint

Et la guerre vint, sans prévenir,
Comme un vent froid, sans souvenir.
Elle entra par les portes du pouvoir,
Et laissa derrière elle l’espoir.
Elle n’a pas de visage, pas de nom,
Mais elle parle dans tous les canons.
Elle habille les rois de raison,
Et dépouille les peuples de maison.
Elle fait du ciel un cercueil ouvert,
Des rivières des routes de fer.
Elle brûle les champs, les berceaux,
Et grave la peur sur les peaux.
Les mères hurlent en silence,
Les enfants naissent dans l’absence.
Les hommes tombent comme les feuilles,
Et la terre pleure sous le linceul.
On dit que c’est pour la justice,
Mais c’est l’orgueil qui fait les cicatrices.
On dit que c’est pour protéger,
Mais c’est toujours l’innocent qui est jugé.
La guerre ne choisit pas son camp,
Elle sème la mort, aveuglément.
Et quand elle part, sans un regard,
Elle laisse des peuples en retard.
Des ruines, des cris, des photos fanées,
Des noms gravés, des vies volées.
Et les livres, plus tard, mentiront,
Effaçant ceux qu’elle a pris pour leçon.
Et pourtant, un jour, viendra peut-être
Un enfant qui osera naître
Dans ce monde déchiré, abîmé,
Et rêvera d’un monde désarmé.
©rina30