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Être ghostée

Être ghostée
On ne m’a pas quittée.
On m’a effacée.
Pas de dispute.
Pas d’adieu.
Juste un silence
qui s’est installé
comme si je n’avais jamais existé.
Hier encore
on parlait d’avenir.
Aujourd’hui
je parle seule
face à une conversation
figée.
Les messages restent “lus”.
Ma dignité reste “en attente”.
Être ghostée
c’est chercher une faute
dans chaque souvenir.
Relire ses mots
comme une scène de crime.
Est-ce que j’ai trop écrit ?
Pas assez ?
Trop aimé ?
Mal compris ?
Le silence répond
par son absence.
Il n’a même pas eu
le courage
de me dire
qu’il ne voulait plus.
Alors je me bats
contre un vide.
Je n’ai pas d’explication
à haïr.
Pas de phrase
à encadrer.
Juste une disparition.
Et le pire
ce n’est pas qu’il soit parti.
C’est la façon.
Comme si j’étais
facultative.
Remplaçable.
Effaçable.
Mais je refuse
de devenir un fantôme
dans ma propre histoire.
Quelqu’un qui fuit
n’est pas une preuve
que je ne vaux rien.
C’est une preuve
qu’il n’a pas su rester.