Foyer paisible
Papa responsable, le coq du poulailler. Maman soumise, gentille et accueillante avec tous. Avant mes 15 ans, c'est ainsi que je voyais ma famille : si parfaite à mes yeux, et idéale au regard des autres, sûrement.
Mais ce n'était qu'une mise en scène, une pièce de théâtre dans laquelle je jouais endormie. En grandissant, je me suis éveillée. Mon père, autrefois mon idole, l'image de l'homme parfait, s'est résumé à un loup déguisé en agneau : une personne fuyant ses responsabilités, trompeuse et autoritaire, qui écoute ses amis manipulateurs comme s'il n'avait pas reçu assez d'éducation pour assurer son rôle de père et de mari.
Ma mère, quant à elle, n'est que le souffre-douleur de son époux, une sorte de sac de boxe dont mon père se sert pour défouler les frustrations qu'il a accumulées au-dehors. Mais elle ne disait jamais rien, gardant toujours ce sourire, un peu tordu, pour nous, ses enfants.
À cause d'eux, j'ai dû m'éveiller tôt à la réalité de la vie de foyer, en comprenant que la famille parfaite n'existe pas. L'idéal que les autres voient n'est que la couverture qui cache la puanteur des blessures.
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