I

HEMATIDROSE

Le crépuscule réunissait chacun,
La doyenne, son dîner en main,
Un dard logé en son sein,
Les armes pointées vers les cimes.
Toujours vivante, elle persistait,
Son heure patiemment attendait,
Insurgée, présence indomptée,
Dans sa splendeur, la plus admirée.
"Êtes-vous seule, ô dame âgée ?"
Interrogeait-elle, empreinte de tragédie,
Vers les cieux, un regard égaré,
La vieille implorait une bénédiction.
L'enfant, sous le lit dissimulé,
Ses larmes par milliers versées,
La guerrière mit fin à l'aînée,
Dans son regard, une fierté voilée.
Sept hivers seulement pour l'enfant,
Témoin du sang de l'ancienne, impuissant,
La révoltée posa question de nouveau,
"Où se cache donc le lieutenant Théodore ?"
L'innocent ne saisissait guère,
Rêvait d'une foi luthérienne claire,
Mais la rebelle, sans un regard arrière,
L'exécuta, le temps leur étant contraire.
©Ignace