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Ils parlaient de moi comme on parle d’un crime au journal du soir, avec des…

Ils parlaient de moi comme on parle d’un crime au journal du soir, avec des yeux pleins de curiosité
et des bouches affamées de scandale. Aucun d’eux ne connaissait le vacarme dans ma poitrine, ni les nuits où je recousais mon âme avec des mains tremblantes.
Mais ils savaient inventer. Oh ça… ils étaient doués pour salir.

Ils ont construit un monstre avec trois rumeurs, deux mensonges et la lâcheté du monde. Pendant qu’ils riaient autour de mon nom, moi, j’apprenais à survivre dans l’ombre de leurs phrases. La presse adore le sang quand il ne coule pas de ses propres veines. Alors ils ont continué. Encore. Encore.

Ils ont fouillé mes silences comme des charognards fouillent un cadavre chaud. Ils ont transformé mes cicatrices en divertissement du dimanche. Chaque mensonge devenait un titre. Chaque douleur,
un spectacle. Et le pire… c’est que le monde applaudissait. Personne ne voulait la vérité. La vérité est trop lente, trop humaine, trop triste.
Le mensonge, lui, court plus vite que les battements d’un cœur brisé.

Alors ils m’ont condamné sans procès, sans preuve,
sans même connaître la couleur réelle de mes blessures. Ils avaient seulement besoin d’un visage à détester pour oublier la pourriture cachée dans leurs propres âmes. Aujourd’hui je les regarde avec des yeux morts. Je n’essaie même plus de me défendre.

On ne discute pas avec des vautours. Qu’ils écrivent encore. Qu’ils salissent encore. Qu’ils dévorent ce qu’il reste de mon nom. Car il arrive un moment
où une personne cesse de pleurer. Elle devient froide. Et quand mon silence finira par les terrifier,
ils comprendront trop tard qu’ils n’ont jamais détruit un monstre. Ils l’ont créé.
Ils parlaient de moi comme on parle d’un crime au journal du soir, avec des…
#publication