Incandescence charnelle
Sur la ligne du couchant s’embrase un feu de miel,
Le soleil, cœur antique, entrouvre son rituel.
Ses braises sur la mer déposent un soupir d’or,
Où la vague recueille ce qui brûlait encore.
Incandescence douce aux parfums de mystère,
Sa chaleur charnelle effleure la chair terrestre.
Astre amant inaccessible aux lèvres de l’instant,
Il promet l’éternel tout en fuyant le présent.
Le ciel devient kintsugi de blessures lumineuses,
Chaque nuage abrite une trace précieuse.
Et moi, face à l’horizon, habitée de ce feu,
J’apprends que l’inatteignable éclaire davantage les yeux.
Car le soleil qui chute n’est jamais un adieu,
Il enseigne au vivant l’art de brûler en silence.
Il grave dans le soir une secrète évidence :
Ce qui semble partir s’enracine dans les cieux.
Alors je laisse partir cet amant écarlate,
Sans retenir sa flamme que la nuit douce efface.
Et dans ce dernier éclat, rouge, tendre et profond,
Je découvre une vérité que les couchants répondent :
On ne perd pas la lumière lorsqu’elle fuit nos regards,
Elle change simplement d’adresse dans le noir.
K.S