I

J'AI CASSÉ LE MAGASIN

Dans le magasin aux allées remplies de trésors innombrables,
J'entame ma danse destructrice parmi les étagères, impitoyable.
Je commence par les bocaux de confitures, cristal éclaté en une pluie sucrée,
Les boîtes de conserve, métal tordu reflétant ma folie exacerbée.
Les bouteilles de vin, verre brisé répandant leur fragrance enivrante,
Les paquets de pâtes, éventrés laissant échapper leur farine mouvante.
Les pots de miel, liquide doré s'étalant en une flaque collante,
Les tablettes de chocolat, en éclats dévoilant leur douceur appâtante.
Puis je m'avance vers le rayon parfumerie, oasis de luxure olfactive,
Où flacons de parfum me narguent de leur aura séduisante et attractive.
Je me saisis d'un flacon, vaporise l'air autour de moi, geste théâtral et provocant,
Les fragrances envahissent l'espace, tourbillon enivrant, moment captivant.
Soudain, le bruit sourd des pas des vigiles résonne, brisant ma symphonie destructrice,
Ils fondent sur moi comme des lions affamés, me plaquant au sol avec une force précise.
La lumière crue des gyrophares, la voix autoritaire des forces de l'ordre,
Me voilà menotté, le souffle court, l'adrénaline retombant, écho discordant à ce désordre.
Derrière les barreaux froids, les images défilent, les produits brisés en des éclats tournoyants,
Regrets teintés d'amertume, réalité cruelle de mes actes insouciants.
Dans l'obscurité de ma cellule, une seule certitude me frôle,
Ce bémol dans ma symphonie, rappel brutal de ma propre parole.
INESTA Guillaume
11/04/2024
Briançon
©andras