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Jeu de silence Entre la vie et la mort, il n’y a pas de porte, juste un…

Jeu de silence

Entre la vie et la mort, il n’y a pas de porte, juste un souffle suspendu que le temps supporte.

Le paradis n’est pas en haut, ni loin, ni ailleurs, il est dans les secondes qui cessent d’avoir peur.

L’enfer n’est pas feu, ni cri, ni punition, il est la conscience nue sans distraction. C’est voir ses propres ombres sans pouvoir détourner le regard qui tremble de s’être reconnu entier.

Le purgatoire n’est pas un lieu, mais une attente,
une main qui hésite entre fuir et être présente. On y compte les vies comme des cartes sans nom, des fragments de soi mélangés sans raison.

Dieu, s’il joue, ne parle pas, il distribue le silence,
et chaque âme reçoit une étrange évidence : qu’on n’était pas perdu, seulement en chemin, à apprendre la forme cachée de ses propres mains.

Les cartes ne sont pas du hasard, mais des miroirs,
chaque tirage révèle ce qu’on refuse de voir. Le cœur, la pique, le carreau, le trèfle et le joker oublié ne sont que des visages de la même vérité.

Et au centre du jeu, il n’y a ni victoire ni fin, juste un regard qui comprend enfin : que la vie, la mort, le ciel et l’oubli ne sont que des noms pour une seule infinie nuit.