Kara Sevda
Je t’ai aimé
comme on aime une obsession,
sans retenue,
sans issue,
avec cette faim dévorante
qui ne laisse aucune place
à la paix.
Tu étais mon manque
avant même de partir.
Je te voulais
dans l’urgence,
dans la peur,
dans cette folie amoureuse
où l’on préfère se brûler
plutôt que de s’éteindre sans l’autre.
Nos corps se retrouvaient
comme deux âmes affamées,
sachant très bien
que chaque étreinte
nous rapprochait de la chute.
Mais nous nous accrochions,
désespérément,
comme si aimer plus fort
pouvait vaincre le destin.
Je t’aimais
au point de m’oublier.
Au point d’accepter la douleur
comme preuve d’amour.
Au point de confondre
souffrir et exister.
C’était trop.
Trop intense.
Trop noir.
Trop vivant
pour un monde
qui exige des amours calmes
et raisonnables.
Alors tout s’est effondré.
Pas dans un cri.
Pas dans une scène.
Mais dans un silence lent,
glacial,
définitif.
Nous avons survécu,
oui.
Mais quelque chose en nous
est resté là-bas,
dans cet amour maudit
qui ne meurt jamais vraiment.
Kara sevda.
Un amour qui ne se termine pas.
Il s’enterre vivant
au fond de l’âme,
et continue de battre
dans le noir.
R