E

La buvette d'en face

Je ne t'ai vu que de dos,
Pourtant je t'ai désiré de trop.
Attirante dans cette tunique rouge,
Qui fut sujet de toutes les bouches !
Tu avais un regard si particulier,
Exaltant toute une série de désir.
À toi je me sentais fortement lier,
Comme à mes beaux souvenirs.
Que le vin n'abîme point tes lèvres,
Que le temps ne te ride aucunement !
Que tu ne sois pas le jouet des Orfèvres,
Objet de tous mes forts sentiments.
Tout regard fut inerte à ta présence,
Tu revêtais le rêve des fades coeurs.
De qui accepteras-tu alors la bouteille,
Vu que tous te veulent pour âme-soeur.
Viens donc prendre place à mes côtés,
Pour que j'admire ton corps enchanté.
Il se fait si tard soudainement ! Ô nuit
J'implore alors la présence de la pluie.
Ô houri ! Je n'ai d'yeux que pour toi,
Je t'en prie parle-moi même sans voix.
Fais-moi voir le bout de ton sourire,
Pour que j'apprenne à t'aimer à mourir.
©elyseus