Dans la cuisine effervescente, Carol s'affaire à la vaisselle,
Sous le soleil ardent de Venise, cité rebelle,
Les échos de la ville résonnent dans l'air moite,
Mélange suave de parfums, d'amour et de désarroi.
Dehors, à la corde à linge, ses vêtements s'étirent,
Tels des fantômes suspendus, dans l'air ils respirent,
Ils dansent, caressés par la brise enchanteresse,
Comme des âmes errantes, en quête de tendresse.
À l'intérieur, un vinyle 45 tours tournoie sur la platine,
Le twist emplit la pièce, mêlant la joie à la routine,
Carol, les mains humides, se laisse emporter,
Par la mélodie enivrante, elle se met à virevolter.
Soudain, un bruit retentit à la porte, c'est Roberta,
Son regard énigmatique, comme une comète qui brilla,
Elle entre, cherchant refuge du soleil implacable,
Carol l'accueille, ignorant le destin implacable.
Mais à peine la porte s'ouvre sur l'éclat du jour,
Tout devient nuit, tout devient glace, tout devient lourd,
Le silence envahit l'espace, telle une sombre marée,
C'est la Mort, impitoyable, qui a frappé à cette clairière.
Carol, figée, contemple ce vide obscur et froid,
Un frisson d'angoisse traverse son être, sa joie,
La vie qui palpitait autour d'elle s'est éteinte,
Dans cette obscurité, elle comprend que tout finit, même la plainte.
Roberta, l'amie chère, n'est plus qu'un songe lointain,
Dans l'ombre, Carol laisse échapper un soupir incertain,
Elle se tient là, au seuil du mystère et du froid,
Accueillant la Mort avec résignation, sans un cri.
INESTA Guillaume
Le 10/11/2021
Briançon
©andras
I