Sur la scène polie des vies que l'on expose,
L'échec est banni, une ombre qu'on n'ose.
Les chutes sont tues, les tentatives vaines,
Seul le triomphe brille, effaçant les peines.
Les "fails" sont coupés, les ratés gommés,
Seule la victoire finale est clamée.
On érige des statues aux succès éclatants,
Oubliant les sentiers sinueux, les moments flottants
De doute et de découragement. L'image se doit
D'être impeccable, sans aucune ombre, aucun effroi.
On cultive la légende du parcours sans embûche,
Où la réussite est innée, jamais ne trébuche.
Cette obsession du succès, cette peur de l'aveu
D'une tentative avortée, d'un rêve déçu,
Enferme dans un carcan où la perfection règne,
Où l'humain, avec ses faiblesses, se saigne.
Car l'échec fait partie du chemin, il enseigne,
Il révèle nos limites, il aiguise notre enseigne
De persévérance. C'est dans la chute que l'on apprend,
Que l'on se relève plus fort, le cœur plus grand.
Mais cette culture du rejet de l'ombre,
De la difficulté, nous prive de la sombre
Vérité du parcours, de la résilience acquise
À force de se relever, de surmonter la crise.
Alors, osons montrer aussi nos pas hésitants,
Nos tentatives manquées, nos moments flottants.
Car c'est dans cette authenticité partagée,
Que l'on inspire vraiment, que l'on est engagé
Dans une humanité vraie, avec ses hauts et ses bas,
Où l'échec n'est pas une fin, mais un nouveau pas.
Brisons le tabou, acceptons nos vulnérabilités,
Car c'est dans cette humilité que naissent les beautés.
©rina30
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