La petite vibration, la sonnerie brève,
Un appel incessant auquel l'esprit se lève
Instantanément. L'œil rivé sur l'écran,
Craignant de manquer l'instant, le moment prégnant.
Cette attente anxieuse, ce besoin constant,
De savoir ce qui se passe, à chaque instant.
Un flux continu d'informations diverses,
Capturant l'attention, nos fibres les plus perverses.
Les "j'aime", les commentaires, les messages reçus,
Deviennent une drogue, des plaisirs perçus
Comme essentiels, une validation factice,
Liant notre humeur à une statistique factice.
On se sent obligé de répondre aussitôt,
De ne rien laisser passer, de rester à flot
Dans ce torrent d'informations éphémères,
Oubliant le réel, les vraies chimères.
Cette dépendance insidieuse nous aliène,
Volant notre temps, notre attention sereine.
On vit par procuration, à travers les écrans,
Délaissant le présent, les moments courants.
Le sommeil perturbé, la concentration brisée,
Notre esprit fragmenté, sans cesse sollicité.
Cette chaîne invisible, faite d'alertes sonores,
Nous tient captifs, esclaves de ces vaines aurores.
Alors prenons conscience de cette emprise sournoise,
De ce besoin compulsif qui notre temps corrode.
Déconnectons-nous parfois, retrouvons le silence,
Pour que notre esprit vagabonde, sans cette violence.
Apprenons à vivre l'instant présent, sans artifice,
Libérés de ces chaînes, de cette emprise factice.
Car la vraie vie se déroule hors de l'écran brillant,
Dans les sensations réelles, le moment vivant.
©rina30
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