Les doigts agiles dansent sur l'écran lumineux,
Un ballet incessant, un geste machinal et anxieux.
Elle scrolle sans fin, les heures s'égrènent lentes,
Dans le flux constant d'images insignifiantes.
Chaque nouveau post, une brève distraction,
Un voile éphémère sur sa propre affliction.
Les sourires factices, les vies idéalisées,
Un monde parallèle où les peines sont biaisées.
Elle cherche un refuge dans ce défilement,
Un moyen d'échapper à son propre tourment.
Les pensées obsédantes, les regrets amers,
Se noient un instant dans ces spectacles éphémères.
L'attention fragmentée, l'esprit dispersé,
Le temps s'écoule sans qu'elle puisse l'embrasser.
Cette activité fébrile, cette quête sans but,
N'est qu'une fuite en avant, un substitut
Illusoire au réconfort profond et sincère,
Celui qui apaise l'âme et la rend moins austère.
Elle espère secrètement trouver dans ce dédale
Une étincelle d'espoir, un signe amical.
Mais l'écran reste froid, miroir sans chaleur,
Reflétant sa solitude, sa profonde douleur.
Les "likes" et les commentaires, brefs applaudissements,
Ne comblent pas le vide de ses vrais sentiments.
Alors elle continue, prisonnière consentante,
De cette spirale infinie, cette attente lancinante.
Scroller pour oublier, une vaine entreprise,
Car le cœur blessé réclame une autre guise
Pour guérir ses maux, pour retrouver la paix,
Loin des écrans brillants et de leurs faux attraits.
Il faudra lever les yeux, affronter la réalité,
Pour que l'oubli cède enfin à la sérénité.
©rina30
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