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La Haine

La Haine
La haine ne naît jamais seule.
Elle circule, se propage, et s’insinue lentement.
Elle commence par un mot, un regard, un “eux” murmuré à la place d’un nom.
Puis elle grandit, nourrie par la peur, l’ignorance et les blessures mal gérées.

L’extrémisme promet une identité à ceux qui doutent.
Il offre des certitudes à ceux qui ont peur, à ceux qui se sentent perdus. 
Il donne l’illusion que tous nos problèmes ont un visage précis,
celui des gens qu’on a choisi de haïr. 

Il dit : tu ES quelqu’un, mais seulement si tu HAIS assez fort.
Alors on se construit en détruisant les autres,
et on appelle ça une force.
Mais cette force est un poison.
Elle durcit le cœur, rétrécit la pensée,
transforme la colère en arme et l’humain en cible.

La haine ne détruit pas seulement ceux qu’elle vise.
Elle consume d’abord celui qui la porte.
Elle le prive de nuance, de raison, d’empathie.
Elle grave la violence jusque dans sa peau,
et fait passer la brutalité pour l’unique solution. 

On croit se défendre,
mais on apprend seulement à frapper le premier.
On croit protéger un héritage,
mais on enterre toute possibilité d’avenir.

Et un jour, il n’y a plus de discours,
plus d’idéologie, plus d’excuse.
Il n’y a que des coups portés,
des corps brisés,
des familles dévastées,
et des vies sacrifiées sur l’autel d’une haine héritée.

Ce qui me terrifie encore plus que la colère,
c’est la facilité avec laquelle elle se transmet.
La haine circule comme une maladie et se déguise en vérité.

L’extrémisme n’est pas une opinion.
C’est un refus de penser,
une fuite vers la haine de l’autre
pour ne pas affronter sa propre fragilité.