La jalousie silencieuse
Je souris
quand tu réussis.
Mes dents brillent.
Mes mains applaudissent.
Tout semble propre.
Mais quelque part
dans l’ombre de ma poitrine
une petite voix murmure :
et moi ?
Ce n’est pas que je te déteste.
C’est pire.
Je t’aime
et je voudrais être toi
pendant cinq minutes.
La jalousie ne crie pas.
Elle s’assoit poliment
dans un coin du cœur
et compare en silence.
Tes victoires deviennent
un miroir cruel.
Je me regarde dedans
et je vois
tout ce que je ne suis pas encore.
Je me déteste
d’avoir cette pensée.
Alors je l’enterre
sous des compliments sincères
et des “je suis fière de toi”.
Les deux sont vrais.
C’est ça le piège.
On peut aimer quelqu’un
et envier sa lumière
en même temps.
Être heureux pour toi
et triste pour moi
dans la même seconde.
La jalousie silencieuse
n’est pas une haine.
C’est une blessure
qui parle mal.
Elle dit :
je veux aussi exister.
je veux aussi être vue.
je veux aussi compter.
Alors je l’écoute
sans la laisser conduire.
Je lui dis :
reste assise,
je t’ai entendue,
mais on ne deviendra pas
amer.
On va devenir
meilleur.
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