La lumière derrière le balai
On traverse les couloirs propres
sans penser à leurs mains.
On respire des pièces claires
sans imaginer leurs matins.
Elles arrivent avant le bruit du monde,
avec leurs seaux remplis de courage,
leurs balais comme des sceptres discrets,
reines invisibles de nos passages.
Personne n’applaudit leurs gestes,
pourtant tout tient grâce à elles :
les bureaux qui sentent le neuf,
les hôpitaux un peu moins cruels,
les écoles prêtes à accueillir nos enfants.
Elles frottent aussi leurs fatigues,
essuient parfois leurs propres larmes
entre deux vitres à faire briller.
Leur travail ne porte pas de médaille,
mais il porte nos vies entières.
Femmes debout avant l’aube,
femmes que l’on croise sans voir,
vous êtes des bâtisseuses de dignité.
Dans chaque sol lavé
il y a un morceau de votre force.
Je veux dire merci
à vos dos courbés,
à vos mains abîmées,
à votre patience immense.
Le monde est propre
parce que vous existez.
Et votre valeur
ne devrait jamais rester
sous la poussière du silence.
R