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La Patrona

La Patrona
On m’a brisée
en pensant que je ne me relèverais pas.
On m’a trahie,
abaissée,
jetée dans le silence
comme si ma valeur
dépendait de leurs regards.
J’ai connu la chute.
La vraie.
Celle qui enlève le nom,
la dignité,
la voix.
Celle où l’on te regarde souffrir
sans même s’excuser.
Ils pensaient m’avoir effacée.
Ils n’avaient pas compris
que je me reconstruisais
dans l’ombre.
J’ai pleuré sans témoins.
J’ai appris à me taire
quand parler ne servait plus.
Chaque blessure
devenait une leçon,
chaque humiliation
une force que je cachais.
Puis je suis revenue.
Pas pour supplier.
Pas pour expliquer.
Je suis revenue
droite,
froide,
entière.
Ils ne reconnaissaient plus
la femme qu’ils avaient écrasée.
Parce que je n’étais plus
celle qui attend.
J’étais celle qui décide.
Je ne réclame pas vengeance.
Ma renaissance suffit.
Je suis devenue
ce qu’ils n’avaient jamais prévu :
une femme debout,
lucide,
inaltérable.
On m’appelait perdue.
Aujourd’hui,

je suis La Patrona.