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La perfection de la mère selon la société

Le triptyque s'affiche, défiant les lois du temps,
Être mère aimante, belle en tout instant,
Active et performante, un modèle sans heurt,
Une image de perfection qui souvent nous heurte.
La mère idéale, au sourire constant et doux,
Prodiguant soins et tendresse, oubliant ses dessous
De fatigue et de doutes, les nuits sans sommeil,
Les moments d'agacement que le cœur vermeille.
La beauté exigée, un corps toujours impeccable,
Malgré les grossesses, le temps inéluctable.
Un régime strict, des heures de sport acharnées,
Pour effacer les traces, les courbes étonnées.
L'activité débordante, jonglant sans relâche
Entre enfants, travail, maison, sans aucune tache.
Une super-héroïne aux pouvoirs infinis,
Qui jamais ne s'essouffle, ne connaît les finis.
Ce triple fardeau, imposé ou auto-infligé,
Pèse lourdement sur les épaules fatiguées.
La peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur,
Engendre une anxiété qui ronge le bonheur.
Car l'humain est imparfait, sujet aux faiblesses,
Aux moments de doute, aux légitimes paresses.
Vouloir incarner cette trinité sans cesse,
C'est nier sa propre nature, une vaine promesse.
La beauté se révèle dans l'authenticité,
La douceur dans l'acceptation de sa fragilité.
L'activité s'équilibre avec le droit au repos,
La maternité s'épanouit au-delà des propos
Idéalisés. Alors, brisons ces chaînes dorées,
Célébrons la mère imparfaite, aimante et inspirée.
La femme belle dans sa singularité, son vécu,
L'active qui s'accorde des pauses, sans être vaincue.
Car c'est dans cette humanité assumée et vraie,
Que réside la force d'être mère, femme, et celle que l'on est, sans jamais se renier.
©rina30