la Reine dans la bataille
J'ai navigué mille fois dans les entrailles de Gaïa,
Mille et une tempêtes avant de poser mon aura.
Ici, c'est mon royaume. Comme si j'y avais grandi.
Regarde mon allure, tout en dorure, tout en défi.
On m’appelle Madame Kint-Sugi.
Pas un roi de passage, mais la Reine qui surgit dans la nuit.
Celle qui repère les âmes brisées, qui les redresse et les lie.
J'ai voulu porter vos mondes, panser vos déchirures,
Mais j'en ai oublié de dorer mes propres blessures.
Écoute bien :
J'ai fini par craquer. Zapper l'essentiel.
Oublier qu'un cœur de femme qui saigne est aussi un appel.
Moi, Madame, j'ai cru que le bonheur des autres
Était la seule sève qui devait nourrir la nôtre ?
Erreur. Quel optimisme insolent, quelle impasse,
De s'effacer soi-même pendant que le temps passe.
Je suis en mode Haute Définition, pas en mode VHS,
Je suis la Reine qui coud, qui répare la détresse.
On rapièce la doublure, on renforce l'encolure,
Pour que nos existences tiennent la route, digne et pure.
Madame Kint-Sugi emmerde le pire.
La joie a repris son trône sur l'empire !
Fini vos monarchies tellurique, vos peurs, vos trahisons,
Votre fric holistique et vos sombres prisons.
Vous avez oublié qu’on est des bâtisseuses d’âme,
Des preneuses de risques, des gardiennes de flamme.
Au rythme de mon anarchie, je reconstruis les cœurs,
Ceux qui ne sont pas des machines, ceux qui ont de la valeur.
Je suis Madame Kint-Sugi.
L'or dans la faille.
La Reine dans la bataille.
B