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LA TRAVERSÉE DU GRAND GAILLARD

LA TRAVERSÉE DU GRAND GAILLARD
LA TRAVERSÉE DU GRAND GAILLARD

​C’est un bruit de métal... un petit cliquetis.
Le tournevis dans la main de mon vieux,
celui qui démonte le passé pour laisser place à l’enjeu.

Papa s’agenouille, il dévisse les doutes,
il libère la bête, il prépare la route.
Les petites roues ?

Elles tombent au sol... Cling.
C’est fini le temps des béquilles, c’est fini le temps du "presque".
Aujourd'hui, on change de fresque

​Et Bim !
Ça y est, je franchis le portail.
C’est pas juste un jardin, c’est le début du champ de bataille.

Le portail des grands, là où le goudron ne pardonne pas,
mais moi, j’ai la fierté qui me sert de bras.

Un tour de quartier ? Non, un tour du monde en solitaire.
Les pédales tournent, je ne touche plus terre.

Je sens le vent, je sens la vitesse, je sens la gloire...
Je suis le héros de ma propre histoire.

​Et Boum !
Le bitume me rappelle à l'ordre.
La chute est sèche, la poussière veut me mordre.

Le vélo s'écroule, les roues tournent dans le vide...

Mais attendez. Regardez bien.
C’est le vélo qui est à terre, pas moi !
Moi, je suis bien trop grand pour la poussière.
Je suis bien trop fier pour mordre la terre.

C’est l'engin qui a flanché, c’est la machine la coupable !
Moi ? Je reste intouchable.

​Parce que je suis le balaise de la traversse.
Vous m'entendez ?
Je suis celui qui brave le tangage,
celui qui ne craint pas le naufrage.

Si le guidon tremble, c’est qu'il a peur de ma force.
Si la chaîne déraille, c’est qu'elle n’aime pas mon écorce.

Mais allez... Hop ! On se relève.
On s'époussière l'ego, on garde la face, on achève le rêve.

​Les petites roues, c’est pour ceux qui ont peur de l'ombre.
Moi, je fonce dans la lumière, peu importe le nombre
de kilomètres, de virages ou de montées.

Je roule à vitesse grand V, la réussite est déjà comptée.

Mon avenir ? Il n’est pas écrit sur un bout de papier jauni.
Il est là, sous mes pneus, dans chaque souffle, dans chaque défi.
J’ai décidé de le bâtir, pierre par pierre, tour après tour.

Avec le cœur qui bat, avec l’amour en renfort de chaque jour.

​Et dans le rétroviseur... je les vois.
Maman et Papa.
Ils ne tiennent plus la selle, non, ils me laissent l'espace.

Mais ils sont là, dans le miroir, pour que jamais je ne m'efface.

Ils assurent mes arrières, ils sont ma balise, mon port d'attache,
pendant que je dompte les tumultes, sans qu'aucune peur ne m'entache.
​Rien ne fera tanguer ce vélo,
rien ne fera dévier ma trajectoire.

Regardez-moi passer...
C’est la vie d’un grand gaillard qui commence sa propre victoire.

K.S
#PoeAwards#Poemia#amour#famille