La voix de mon père dans la mienne
Je commence à lui ressembler.
Qui ?
Mon père.
Je crie.
Je parle mal.
Je deviens dure
avec ceux que j’aime le plus.
Et quand je m’entends,
c’est sa voix que je reconnais dans la mienne.
Ça me fait peur.
Parce que je déteste ce qu’il est.
Parce que je ne voulais jamais devenir
celle qui blesse par ses mots,
celle qui fait mal sans le vouloir.
Je sens la colère monter,
ancienne, héritée,
comme un feu que je n’ai jamais appris à éteindre.
Alors je frappe avec mes phrases,
je repousse avec mes silences,
et après… je m’en veux.
J’ai peur d’être lui.
Peur de transmettre la douleur
au lieu de l’arrêter.
Peur que l’amour que je donne
ait le goût de la violence que j’ai reçue.
Mais si j’ai peur,
c’est peut-être que je ne suis pas lui.
C’est peut-être que je lutte.
Que je vois ce que je ne veux pas devenir.
Je ne veux pas lui ressembler.
Je veux guérir là où il a échoué.
Même si je tombe,
même si je crie encore parfois,
je veux apprendre à aimer
sans détruire.
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