V

L’amour à crédit

L’amour à crédit

J’ai longtemps cru que l’amour, c’était deux âmes qui se choisissent, qui se tiennent, qui se soignent.Mais aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on ne se choisit plus vraiment  on se remplace.Dès que ça casse, dès que ça tremble, dès que ça pique un peu… on court vers d’autres bras pour panser nos blessures.On cherche des sourires provisoires, des caresses pansements, des mots qui sonnent comme des excuses à notre solitude.Mais tout cela n’a plus rien de l’amour. C’est une fuite. Une habitude. Un poison lent.Aujourd’hui, dès que quelque chose se brise entre deux personnes, on ne prend plus le temps de comprendre, de guérir, d’apaiser.Non. On court. On cherche un autre cœur, un autre corps, un autre souffle pour combler ce vide qu’on refuse d’affronter.On se jette dans d’autres bras, pas parce qu’on aime, mais parce qu’on a mal  on a envie de se sentir aimer .Et c’est là que tout devient toxique.Parce qu’en voulant soulager notre propre douleur, on en crée une nouvelle douleur chez quelqu’un d’autre.On utilise sans le vouloir des cœurs innocents pour anesthésier le nôtre.On appelle ça aller de l’avant , passer a autre chose mais ce n’est pas vrai.Ce n’est pas avancer, c’est fuir. Et dans cette fuite, on détruit ce qu’il y a de plus pur  chez un etre humain  la confiance, la sincérité, la foi en l’amour... Tu vois, ce que beaucoup ne comprennent pas, c’est que ce genre de gestes laisse des marques profondes.Quand tu vas chercher du réconfort ailleurs pendant que quelqu’un t’attend, espère, croit encore en vous deux…tu plantes en lui un doute qui ne guérira jamais tout à fait.Tu fais naître une peur silencieuse  celle de ne plus être assez celle de douter tout le temps celle de se questioner tout le temps ...Et après ça, même si tu reviens, même si tu dis je t’aime encore tu te justifie ou tu montre que tu avais tes raisons , la confiance, elle, ne revient jamais totalement. Et du côté de la personne vers qui tu cours, ce n’est pas mieux Tu lui offres des moments faux une attention provisoires , des sourires de secours , des jolies mots , des promesses que tu ne tiendras pas.Tu lui fais croire qu’il compte, alors qu’au fond, il n’est juste qu une roue secour quand ca ne vas pas, un abri temporaire pendant ta tempête. Et quand tout s’apaise, tu repars, le laissant seul avec un vide que toi, tu as comblé sans le voir.Ce cœur-là, il finit par se durcir il devient méfiant, froid, détaché  et à cause de ça, un autre plus tard paiera pour les fautes que tu as commises  .C’est un cercle qui ne finit plus Un cercle où tout le monde finit blessé.Parce qu’on se cherche tous, mais pas pour aimer  pour ne plus être seuls. On ne veut pas guérir, on veut juste oublier la douleur de notre Coeur mais l’oubli n’efface rien  Il déplace juste la douleur ailleurs.Aimer ce n’est pas ça mes amis Ce n’est pas  remplacer pour respirer. Ce n’est pas chercher ailleurs ce qu’on n’a pas su protéger ici.Aimer, c’est rester honnête, même quand ça fait mal.C’est avoir le courage de dire je souffre , je vais mal , je suis epuise  sans aller chercher un autre cœur pour calmer le tien.C’est respecter l’autre assez pour ne pas lui mentir, et se respecter soi-même assez pour ne pas se perdre dans des bras où l’on n’a rien à faire. Et si ça ne marche plus, alors partez, mais partez proprement partez sans laisse un autre couer en detresse derriere toi .Ne laissez pas quelqu’un croire qu’il est encore dans ton cœur pendant que tu cherches un abri ailleurs.Ne faites pas de quelqu’un un medicament un refuge juste parce que vous avez mal.L’amour, ce n’est pas ça Ce n’est pas un  passe temps  ce n est pas un jeu Ce n’est pas une échappatoire.C’est un choix. C’est une présence. C’est une vérité. Ce monde a besoin de gens sincères.De ceux qui ne disparaissent pas quand ça devient compliqué.De ceux qui choisissent la loyauté à la place du confort, la patience à la place du vide.De ceux qui savent que guérir seul, c’est déjà aimer mieux ensuite.On parle souvent d’amour, mais rarement de responsabilité.Pourtant aimer, c’est aussi savoir ne pas blesser inutilement.C’est choisir de guérir avant de recommencer.L’amour est rare, oui  comme a dit Youssoupha, rare comme un skieur noir.Mais il existe encore, quelque part entre la loyauté et la patience.Un jour, on comprendra peut-être que l’amour, ce n’est pas ce qui comble un vide.C’est ce qui le rend supportable.Et ce jour-là, on arrêtera d’aimer pour oublier,et on recommencera à aimer pour construire