L'art de devenir
Tout ira bien pour toi.
Non pas parce que l'existence s'adoucira soudainement, ni parce que le ciel tiendra ses promesses mais parce que toi, lentement, imperceptiblement, tu deviendras plus vaste que tes blessures.
* Apprendre à marcher
Il existe des douleurs que l'on ne franchit pas comme un seuil. On ne les surmonte pas. On ne les efface pas. On apprend, avec le temps et la grâce maladroite des survivants, à marcher avec elles comme on marche avec une cicatrice qu'on ne remarque plus, mais qui reste.
Et un jour pas celui qu'on attend, jamais celui-là ce qui semblait insupportable ne disparaît pas tout à fait, mais cesse de tenir les rênes. Il ne te dirige plus. Il t'accompagne, simplement, sans te gouverner.
* C'est cela, guérir.
Non pas oublier. Mais continuer sans se perdre en chemin.
* La vérité de la vie
Tu croiseras des êtres qui te décevront profondément. Des projets qui s'effondreront avant même d'avoir pris forme. Des attentes que tu auras nourries en secret et qui ne reviendront jamais frapper à ta porte.
C'est la vie dans sa vérité la plus nue. Elle reprend parfois ce qu'elle avait déposé non par cruauté, mais parce que certaines choses n'étaient pas destinées à durer en toi. Sur le moment, cela ressemble à une injustice flagrante, à une trahison sans visage.
Puis plus tard - bien plus tard - tu comprendras que certaines pertes étaient des protections déguisées, des silences qui t'ont épargné un fracas plus grand.
* Retiens ceci
Comme on retient une lumière dans le creux des mains :
* Les mauvaises saisons, ne durent pas plus longtemps que les belles. Elles ont l'air éternelles elles ne le sont pas.
* Le cœur se répare, même dans l'obscurité.
* Le manque se déplace, change de forme, perd de son poids.
* Le temps accomplit son œuvre patiente, même lorsque tu crois qu'il t'a oublié parmi ses affaires.
* La vérité oubliée
Il existe une vérité que l'on prononce trop rarement, une vérité que le bruit du monde étouffe presque toujours : les plus belles choses surgissent souvent lorsqu'on a cessé de les traquer avec la fièvre du désespoir, lorsqu'on a desserré les poings, lorsqu'on a simplement consenti à vivre sans exiger que la vie réponde.
Alors respire à travers ce que tu traverses. Pleinement. Même si ça résiste. Même si ça brûle.
Tout ne sera pas parfait la perfection n'a jamais été la promesse.
Mais un jour, tu te retourneras sur cette période sombre et fertile, et tu reconnaîtras en elle l'endroit exact, précis, presque miraculeux, où ta vie a choisi de recommencer.
G
L'art de devenir Tout ira bien pour toi. Non pas parce que l'existence…