G

L'art de la demeure intérieure Cultive pour toi-même une sollicitude absolue…

L'art de la demeure intérieure

Cultive pour toi-même une sollicitude absolue, presque démesurée. Car viendront des crépuscules où cette bienveillance sera l'ultime rempart, le seul foyer encore debout dans le silence des départs.

Les âmes jurent souvent l'éternité, mais le cours impétueux de l'existence les dévie, les métamorphose et les soustrait à ton horizon, bien souvent sans que ton consentement ne soit sollicité. Certains s'éclipsent en offrant le baume d'une explication, tandis que d'autres s'évanouissent dans le vide opaque d'un silence obstiné. Tu finiras par saisir cette vérité souveraine : la trame des liens les plus précieux échappe, par essence, à l'emprise de ta volonté.

Aussi, apprends à ne point sacrifier ta propre lumière sur l'autel des autres.

* Sanctuarise ton esprit.
* Veille sur les battements de ton cœur.
* Célèbre la flamme de ton énergie.

Ne te consume pas jusqu'à l'épuisement pour devenir le pivot de ceux qui, malgré tes efforts, pourraient choisir de déserter ton rivage. Au terme de maintes désillusions, une évidence s'impose, indomptable : tu es l'unique voyageur condamné à traverser l'immensité de ton existence en ta propre compagnie.

Si les autres peuvent, certes, offrir le secours de leur affection ou la grâce de leur présence, nul ne saurait habiter ton âme à ta place. Fais donc de ton être un sanctuaire inviolable, et non une terre en friche, délaissée par son propre maître.

Chéris-toi avec une telle ferveur que jamais tu ne te trahiras pour le simple confort d'être toléré. Porte-toi une estime si haute que tu ne mendieras jamais ce qui devrait t'être offert en hommage spontané. Prends soin de ton intériorité avec tant de constance que, lorsque les vents contraires des adieux viendront te frôler, tu ne t'effondreras point.

Il réside une puissance silencieuse dans cette certitude : quand bien même l'univers autour de moi vacillerait, je demeure le gardien inébranlable de ma propre présence.

Car, en ultime instance, cette fidélité que l'on se voue à soi-même est la forme la plus sacrée et la plus vitale de l'amour.