L'avenir sans dessein
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Je viens au pays où tout reste à naître,
Où le rêve n'est pas un songe, mais un pas.
Je ne m'agrippe plus : j'avance, peut-être,
Sans chercher à savoir ce qui viendra après.
J'ai cessé de hisser la barre trop haut,
J'ai lâché la corde, appris à descendre.
La quête m'a perdu ; l'instant, je le prends
Comme on boit l'eau vive au creux de ses doigts.
L'excès était facile, l'homme s'y perd.
Je préfère aujourd'hui la ligne discrète,
Le geste modeste, la main qui s'arrête,
Et laisser le fruit mûrir sans le cueillir.
Mon avenir, je l'ai laissé sans visage,
Sans rose ni soie, sans plan ni dessin.
Il vient à son heure, il suit son propre chemin,
Aussi calme et droit qu'un jeune homme sage.
Je ne veux plus de ce que j'avais rêvé.
Je préfère au temps que j'ai passé à tresser
Le fil de mes jours la douceur d'ignorer,
Et d'accueillir, simple, ce qui m'est donné.